Un but en or

L'équipe de France des sans-abri lors de la Coupe du monde 2013, en Pologne.

L’équipe de France des sans-abri lors de la Coupe du monde 2013, en Pologne.

À quelques jours de la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde, Montpellier accueillait les présélections de l’équipe de France pour la prochaine Coupe du monde de football des sans-abri. Pour sa 12e édition, cette initiative sportive et sociale réunira au mois d’octobre près de 70 nations au Chili. Capitaine de l’équipe de France l’an dernier, Edouard Vaz sera le futur entraîneur des Bleus. Rencontre.

“Ça a été un électrochoc”… Edouard Vaz a 26 ans, et quand il s’est engagé l’année dernière dans cette aventure, il était loin d’imaginer ce qui l’attendait. En 2012, Edouard est mécanicien dans un garage automobile de la banlieue grenobloise, marié et père d’un petit garçon d’un an et demi : “J’étais sur des rails, je pensais que plus rien ne pouvait m’arriver.”  Pourtant un jour, il perd l’envie. L’envie d’entreprendre, de travailler, de se lever. Il sombre peu à peu dans un immobilisme ravageur, perd son travail, puis son épouse. Le couperet du divorce tombe, Edouard est au chômage, il a tout laissé à son ex-femme et se retrouve à la rue. Il monte un dossier pour une place en foyer. “Ma famille vit au Portugal, j’aurais pu rentrer, mais je ne voulais pas que mon fils grandisse sans son père”, confie-t-il. S’ouvre alors une période difficile : “Les bagarres dans les couloirs, les nuits passées avec d’anciens taulards… c’était vraiment dur”.

Et puis, Edouard entend parler de la Coupe du monde des sans-abri. Réinsérer les personnes en situation de précarité et d’exclusion par le sport : l’objectif de la Homeless World Cup, créée en 2003 par l’Écossais Mel Young. Alors forcément, cette Coupe n’attendait que lui. Quand Edouard entend parler du projet, il fonce s’inscrire aux présélections de Grenoble, décroche celles de Montpellier, part s’entraîner avec 40 autres joueurs au Z5, complexe sportif de la famille Zidane, passe le dernier barrage de Marseille, avant d’intégrer officiellement l’équipe de France comme gardien et capitaine.

Après plusieurs mois de préparation, il s’envole pour la Pologne, où l’attend “l’expérience de sa vie”. Là-bas, s’opère une véritable prise de conscience : “J’ai vu le vrai visage de la misère et j’ai compris que je n’avais pas le droit de laisser passer ma chance”, explique-t-il. Et d’ajouter : “J’ai découvert la douleur de porter l’étiquette du sans-abri, les regards de pitié”. Humainement bouleversé, il n’en reste pas moins redoutable sur le terrain.

La suite à lire ici.

Ce portrait a été réalisé en collaboration avec le site internet Les Inrocks.

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